Des vis qui se dissolvent

Portrait de Manisha Behera

Diplômée du plus prestigieux établissement de recherche scientifique en Inde, l’Institut indien des sciences à Bangalore, Manisha Behera est arrivée à Lille fin 2020 pour débuter une thèse sur de nouveaux matériaux pour les prothèses. Pour traiter une fracture, le chirurgien peut en effet être amené à utiliser des plaques et des vis pour maintenir l’os pendant sa guérison. Mais les métaux habituellement utilisés − titane, inox… − posent tout un ensemble de problèmes. L’inox peut laisser échapper du nickel qui est toxique, et le titane se fixe mal sur l’os, les deux pouvant mener à des réactions allergiques. Enfin, ces métaux sont très rigides, ce qui, en soulageant l’os d’une partie des contraintes mécaniques, amène ce dernier à devenir moins dense et donc plus fragile. En outre, ils ne sont pas dégradables naturellement. « Il faut réaliser une deuxième opération pour les enlever, explique Manisha Behera, ce qui est coûteux, souvent perturbant pour le malade, et risque d’induire des infections. » C’est pourquoi elle travaille¹ avec son directeur de thèse, Rajashekhara Shabadi, sur de nouveaux implants utilisant du magnésium, qui se dissolvent naturellement dans le corps une fois l’os guéri.

Pour venir en France, elle a bénéficié du programme PEARL² pour financer les doctorantes et doctorants internationaux sur des sujets interdisciplinaires, pour lequel la fondation I-Site a obtenu le soutien du programme européen H2020. « Je suis arrivée pendant le second confinement, raconte Manisha Behera. L’aide de l’équipe du programme PEARL a été extrêmement précieuse pour régler les problèmes de visa, d’assurance-maladie et trouver un logement. »


¹ dans l’unité Matériaux et transformations
(Umet − Univ. Lille /CNRS / Inrae / ENSCL) en collaboration
avec l’unité Systèmes avancés de délivrance de principes actifs
(ADDS − Univ. Lille /Inserm / CHU Lille) et la KU Leuven

² Programme for Early-stage Researchers in Lille